Chroniques et critiques de théâtre, musique, cinéma, et art vivant en général. Mon but : vous faire vivre avec moi les sensations procurées par ces spectacles et vous donner envie de vous y plonger.
29 Novembre 2018
Art songs : les danseuses ressemblent à des poupées désarticulées manipulées à l'envie sur un air d'opéra. Parfois, l'une d'entre elles entre en rebellion et c'est elle qui exerce une pression sur le corps de son partenaire.
Tout semble se jouer en déséquilibre, leurs bras prolongeant les mouvements. Beaucoup de pas de deux, sublimes et hors du temps.
Une grâce irréelle se dégage de ce ballet.
Figures of speech : des cris d'enfants, un puissant bruissement d'ailes, les volutes d'un bol tibétain, des murmures et des chants, des voix...
Alonso King nous donne à voir la représentation corporelle d'une expression sonore et c'est magnifique ! Les corps suivent les rythmes et les souffles, accompagnent les hésitations, appuyent les émotions de tous les sons. Tels des enfants, ils s'éveillent, jouent, puis se rendorment.
Parfois, la colère et le bruit de l'orage imposent des séquences de mouvements saccadés et répétitifs mais le calme revient et la fluidité de la danse classique, mélée à toutes sortes d'inspirations plus suaves et sensuelles, inonde la scène.
La musique, les voix et les corps se répondent. Les danseurs semblent muent par une force interne venant des mots. Des mots qu'ils marmonent, susurent et crient parfois, comme incapables de les retenir.
On retient son souffle en espérant que celà dure toujours...
Envie du moment : voir le travail de l'Alonzo King LINES ballet sur une musique de Laura Perudin.