Chroniques et critiques de théâtre, musique, cinéma, et art vivant en général. Mon but : vous faire vivre avec moi les sensations procurées par ces spectacles et vous donner envie de vous y plonger.
18 Janvier 2019
Une larme, une seule, m'a brûlée la joue dans les dernières minutes de la pièce, lorsque Marguerite délire jusqu'au dernier souffle.
Car dès les premières minutes, c'est bien à son agonie que l'on assiste. Commençant et se terminant par sa mort, l'histoire est déroulée lentement, inexorablement ponctuée de la toux sanglante qui emportera la dame aux camélias dans la tombe et avec elle les rêves d'amour qu'elle a formés.
Le rouge du sang et de sa passion a inspiré un décor somptueux, hypnotique. Les acteurs jouent quasiment tous 2 rôles hormis Marie-Sophie Ferdane et Hedi Zada, passionnément habités par les personnages principaux.
Si je ne me suis pas ennuyée 1 seconde, je dois cependant avouer n'avoir pas ressenti toute la puissance de cette histoire et toutes les émotions que j'en attendais.
En revanche, le message d'Arthur Nauzyciel passe très clairement. Il replace dans cette création le contexte historique et économique qui tenait les femmes de l'époque, les réduisant à l'état de choses d'un seul homme ou de plusieurs. Il met en exergue la pression sociale et les tabous. Il démonte l'image romantique créée autour (on pense bien sûr à la Traviata) pour revenir aux fondements.
Je garderai longtemps en mémoire ce décor et Marie-Sophie Ferdane en robe antique.
Envie du moment : revoir l'opéra, réécouter ses mélodies, et profiter de connaître la "réalité" pour mieux déguster la fiction...
Envie a posteriori : revoir le film "Je ne suis pas un homme facile" et son rôle principal écrit pour Marie-Sophie Ferdane.