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Au fil de la saison

Chroniques et critiques de théâtre, musique, cinéma, et art vivant en général. Mon but : vous faire vivre avec moi les sensations procurées par ces spectacles et vous donner envie de vous y plonger.

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Saison 2017-2018 au Parvis : En bref (Mars-Avril)

Le mois de Mars à démarré pour moi par 2 spectacles de mon auteur de théâtre favori : Tiago Rodrigues

Je suis éblouie par son travail. L'intelligence émotionnelle et son incroyable compréhension de la psychologie humaine transparaît dans ses pièces avec une justesse qui me fascine.

Me voilà donc en premier lieu à la représentation de Sopro/Souffle que je ne connais alors pas du tout mais qu'il avait présenté il me semble à Avignon auparavant.

J'ai été subjuguée par la mise en scène et la construction de cette pièce que l'on voit se monter sous nos yeux. C'est une sorte de mise en abîme de la pièce elle-même. 

Je dois dire que j'ai spécialement apprécié le jeu de Beatriz Brás qui joue la souffleuse et celui de la vraie souffleuse. Le procédé utilisé est original puisque la vraie souffleuse passe derrière la comédienne qui la joue pour lui souffler le texte et que celle-ci passe donc derrière les autres acteurs pour leur souffler leur texte à leur tour. Celà donne une sorte de ballet hypnotique très apprécié pour ma part.

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Quelques jours plus tard, me voilà sur scène pour "By Heart". Non, je ne suis pas comédienne. Mais Tiago Rodrigues invite 10 spectateurs à monter sur scène avec lui à chaque représentation de Vu heart.

Cette pièce, je la connaissais déjà, par coeur quasiment d'ailleurs (Merci à France Culture qui m'a permis de découvrir 3 pièces de lui en 2015 et de télécharger le podcast). Alors pour profiter de l'expérience au mieux, je suis venue.

"Quand je fais comparoir les images passées

Au tribunal muet des songes recueillis,

Je soupire au défaut des défuntes pensées

Pleurant de nouveaux pleurs les jours trop tôt cueillis..."

(Début du sonnet 30 de Shakespeare)

Je connaissais les 8 premiers vers par coeur (des heures d'écoute de la pièce...) alors j'ai pu profiter pleinement de la pièce, de voir Tiago Rodrigues à l'oeuvre et de ne pas lui faire honte (malheur à moi si j'avais oublié ne serait-ce qu'un mot !! Je m'en serais tant voulue !).

Cette pièce sur la mémoire mêle différents récits : celui des derniers moments de Candida, sa grand-mère, celui de Pasternak, de George Steiner, de Nadeda Mandelstam, de 1984. Tous unient par une recherche : la conservation, dans notre coeur ("par cœur") et pour la société, de textes qui fondent notre culture et ainsi assoient notre existence.

Je suis profondément touchée par cette pièce et, quoique nous ayons tout sur écrans, j'avoue travailler plus souvent aujourd'hui à mémoriser ce qui me tient à cœur pour "meubler mon interieur".

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La pièce suivante est un choc, celui de 2 nations et de nos émotions.

Nul parti pris, pas de prosélytisme pour un camps, "Des roses et du Jasmin" d'Adel Hakim est un chef d'oeuvre.

La pièce évoque 3 générations prises dans le conflit israélo-palestinien. Que dire sinon que l'on dit, puis l'on pleure et enfin on espère. Il n'y a pas, de ce qu'on en comprend, de "bonne" solution mais un travail long de reconstruction à mener pour rétablir la paix et la confiance entre ces peuples.

La pièce elle-même est belle, une mise en scène travaillée et très poétique.

Un livre propose le texte de la pièce illustré et des explications supplémentaires. Cela permet d'aller plus loin.

C'est une période particulièrement chargée en émotions forte puisque je découvrais ensuite "Une maison de poupée" d'Henrik Ibsen mis en scène par Lorraine De Sagazan.

La pièce inverse les rôlesmais le message n'en pâti guère. Au contraire, il est renforcé par cette transposition actuelle du récit initial dans notre société. Nora reste la marionnette dont les hommes souhaitent tirer les ficelles et elle se révolte. La fin de cette pièce est extrêmement forte et donne à réfléchir, y compris dans les couples vien installés. 

Je recommande vivement de voir cette adaptation qui avait une saveur particulière à l'heure du hashtag #MeToo et des discussions sur l'empowerment féminin !

Une maison de poupée de Lorraine De Sagazan © Gondrexon

Une maison de poupée de Lorraine De Sagazan © Gondrexon

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Enfin, Un moment nettement plus léger fin avril : "Bigre" de Pierre Guillois.

Après un triomphe à Avignon, cette pièce sans dialogues et burlesque fait hurler de rire toute la France. Un grand moment de bonne humeur et de quiproquos.

Rien de plus à dire sinon Bravo !

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